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Agir pour l’eau : Une vision commune de l’Université de Toulouse et de la BPOC

Journée Émeraude – 6 octobre 2026

Dans le cadre du partenariat unissant la Fondation Catalyses à la BPOC autour du collectif eau et biodiversité, l'Université de Toulouse a été invitée par le service RSE de la Banque Populaire Occitane. La Fondation était représentée par Magali Gerino, professeure d'écologie et porteuse du projet filtrOCampus et de SOLLAGUA, et par Vincent Mataix, en mécénat de compétences EDF. La banque soutient la recherche universitaire et le campus comme terrain d'expérimentation pour une gestion durable de l'eau ; l'université apporte en retour son expertise scientifique sur un enjeu auquel les deux parties peuvent contribuer ensemble.

L'événement a réuni plus de 200 personnes (clients, chargés d'affaires et partenaires) pour la première étape du tour de France « Agir pour l'eau », portée par la banque de la transition énergétique : présentation par Hydros d'une étude prospective sur l'eau en Occitanie, suivie d'une table ronde avec des entreprises, l'ADEME, l'Agence Adour-Garonne et des cabinets de conseil.

Université de Toulouse et BPOC : unis au service de l'eau et de la biodiversité

  • Un partenariat ancré dans la durée : la BPOC soutient le collectif eau et biodiversité porté par la fondation, faisant dialoguer recherche académique et acteurs économiques autour d'un enjeu partagé. Une dynamique de chercheurs au service des territoires. L'université développe une expertise reconnue sur les enjeux liés à l'eau — écologie des milieux aquatiques, biodiversité, fonctionnement des écosystèmes.
  • Le campus, terrain d'expérimentation : Le démonstrateur filtrOCampus, porté par Magali Gerino, en est l'illustration. Le campus devient un laboratoire vivant orienté sur l'eau où expérimenter à échelle réelle des solutions de gestion et de dépollution de l'eau - mesurer, comprendre, expérimenter, puis diffuser les innovations. Les résultats peuvent bénéficier aux clients de la banque - agriculteurs, industriels, collectivités - confrontés aux mêmes vulnérabilités hydriques.
  • Le mécénat de compétences : L'engagement de Vincent Mataix (EDF) renforce ce pont entre les deux mondes. L'entreprise met son savoir-faire au service du projet universitaire, dans une logique d'intérêt général cohérente avec la mission de banque coopérative régionale de la BPOC.
  • Un enjeu pour contribuer ensemble : La leçon de la journée est claire : « sans eau, pas d'activité en Occitanie». En soutenant la recherche universitaire, la BPOC investit dans la connaissance qui permet d'anticiper ; l'université trouve en retour les moyens de transformer ses travaux en solutions concrètes pour le territoire. Ensemble, université et banque coopérative font de l'eau non plus une menace subie, mais un projet partagé.

Hydros : comprendre et suivre les impacts sur la ressource en eau

Matthieu Annequin a présenté l'étude d'Hydros. Son constat prospectif est sans appel : le Sud-Ouest est le bassin le plus impacté par le réchauffement climatique, avec jusqu'à 50 % d'eau en moins d'ici 2050.
Les projections (+1,4 °C en 2030, +2,7 °C en 2050) annoncent des précipitations concentrées sur les périodes déjà pluvieuses et moins de pluies en été quand les besoins augmentent (33 jours de restriction en sécheresses lors des épisodes récents).

  • Côté offre, le cycle de l'eau est perturbé : fonte des glaciers, sols plus secs perdant leur capacité d'infiltration, atmosphère instable alternant sécheresses et précipitations intenses, forêts sous stress hydrique.
  • Côté demande, elle augmente : agriculture (irrigation accrue), industrie et numérique (data centers), eau potable.
  • Au-delà du prix de l'eau, c'est le coût du manque d'eau qui menace (tourisme fragilisé, fermetures industrielles, pertes agricoles).

Comment s'adapter ?

  • Sensibiliser aux enjeux.

  • Mesurer : cartographier les consommations, détecter les anomalies.

  • Réduire : équipements hydro-économes, écoconception.

  • Réutiliser : circuits fermés, valorisation des eaux de pluie.

Table ronde : regards croisés sur la transition énergétique et hydrique

Patrick Vinales (Hôtels Vinales) - PME familiale hôtelière (Toulouse et alentours, plusieurs établissements, des milliers de couverts par jour)
Après avoir mis en place la mesure de ses consommations et investi dans des équipements hydro-économes, l'entreprise a formé ses équipes et informé ses clients.
Résultats : économies et retombées financiers (eau −15 %, énergie −22 %), valorisés dans une feuille de route RSE auprès de l'écosystème (banquiers, clients, plateformes type Booking).
 
Pierre Gavalda (Cofigeo) - ETI agroalimentaire (400 M€, 800 collaborateurs, deux implantations en Aveyron)
Confrontée au fort besoin en eau de la conserve, l'entreprise a misé sur la mesure, le recyclage des eaux de process et la réorganisation de sa production. Résultats : un tiers d'eau économisée depuis 2019 (500 000 m³, soit la consommation de 10 000 habitants), −25 % d'énergie, objectif 40 %. « Sans eau, nos usines ferment. »
 
Thierry Baig (ADEME) - cinq axes (impact carbone, optimisation des ressources, adaptation climatique, nouveaux modèles économiques — fonctionnalité et coopération)
Importance de former les équipes et de disposer d'outils de diagnostic comme « le diag à date ».
 
Éric Gouzenes (Agence Adour-Garonne) - gestion de l'eau par bassin versant, avec un « Parlement de l'eau » associant chaque acteur du territoire
Face au recul attendu de la ressource et aux pollutions plus concentrées, l'agence accompagne techniquement et financièrement les démarches de sobriété : études, investissements, relais professionnels.
 
Virginie Surtess (Naldeo) - le regard des entreprises a évolué en dix ans, du ROI vers la prospective (sécurité de production, maîtrise des risques, continuité d'activité)
Trois constats : des leviers existent quelle que soit la taille de l'entreprise ; eau et énergie sont intimement liées ; le coût n'est pas le vrai sujet — la disponibilité de la ressource l'est.

Les messages clés partagés

  • Mesurer, c'est déjà corriger : le diagnostic comme point de départ.

  • L'anticipation coûte moins cher que l'urgence.
    Sans eau, pas d'activité : la disponibilité de la ressource doit intégrer les décisions stratégiques et les plans de continuité.

  • Des solutions existent à toutes les échelles : mesure, sobriété, réutilisation (reUse), solutions fondées sur la nature.

  • Agir aujourd'hui pour l'entreprise de demain.

Comme le résume Christophe Bosson : « La question de l'eau entre progressivement dans les préoccupations économiques des entreprises. Notre rôle est de les aider à anticiper ces évolutions, en leur donnant une lecture plus précise de leurs vulnérabilités et en mobilisant autour d'elles les expertises nécessaires pour adapter leurs activités. » Le monde académique est l'un de ces relais d'expertise.

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