Pelouses ré-ensauvagées

Le projet de ré-ensauvagement des espaces verts du campus de l’Université de Toulouse, porté par des membres du Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement (CRBE), a pour objectif de rétablir la biodiversité floristique et faunistique de pelouses fortement dégradées en prenant comme référence les prairies les plus diversifiées et les mieux conservées de la région toulousaine. Soumises à une gestion traditionnelle depuis des décennies voire des siècles, ces vieilles prairies n’ont pas subi l’intensification agricole, et abritent une diversité floristique et faunistique très élevée et originale disparue partout ailleurs. Ce projet revêt donc également un objectif de conservation de ces écosystèmes exceptionnels. Différentes méthodes de restauration des espaces verts de l’université, seront testées et la plus efficace sera utilisée pour ré-ensauvager une partie des espaces verts du campus. Enfin un dernier objectif sera de fournir des connaissances scientifiques sur la restauration des milieux herbacées du midi toulousain.
Les acteurs et actrices engagés
  • Le SGE - Service de gestion et d'exploitation
  • L’Université de Toulouse
  • L’ENAC - Ecole nationale de l'aviation civile 
  • L’INSA - Institut national des sciences appliquées
Le projet - constat et solution proposée
Depuis la fondation de l’Université de Toulouse, dans les années 1960, sur des terrains agricoles, la bétonisation, la gestion intensive des espaces verts et la sur-fréquentation du site n’ont eu de cesse de dégrader les espaces verts et la biodiversité qu’ils abritent. La plupart des espaces verts abritent un nombre élevé de plantes indicatrices de milieux perturbés et fortement eutrophisés (Lamier pourpre, plantain, pissenlit, folle avoine …) et ce, malgré une gestion plus favorable à la biodiversité mis en place depuis 2019 par le SGE avec une fauche par an en fin d’été. La proportion des zones en « gestion biodiversité » augmente chaque année sur le campus, passant de 29% en 2024 à 36% en 2025. Même si cette nouvelle gestion a permis la réapparition de nombreuses espèces de plantes sauvages, vestiges du paysage agricole passé (Centaurée, Réséda, Bartsie …), la richesse floristique y est faible et largement dominée par les graminées au détriment des plantes produisant de fleurs attractives pour les insectes pollinisateurs.
L’étude, menée par Gabrielle Martin, Nathalie Escaravage et André Pornon, cherche à déterminer la méthode de restauration des espaces verts la plus efficace, permettant de retrouver un cortège d’espèces végétales le plus proche de celui des prairies anciennes seminaturelles afin de lui restituer un fonctionnement écologique optimal et d’augmenter les services écosystémiques rendus.
Pour cela, 16 sites contenant des placettes expérimentales ont été sélectionnées sur le campus de l’Université de Toulouse, auxquels s’ajoutent 4 sites supplémentaires à l’INSA et l’ENAC, 2 grandes écoles qui collaborent au projet.
La composition floristique, la diversité de pollinisateurs ainsi que la faune et le microbiote du sol seront évaluées pendant au moins cinq ans dans chaque placette expérimentale. Si des effets positifs et d'intérêt sont observés sur la biodiversité des placettes expérimentales, il conviendra d’envisager un ré-ensauvagement à plus grande échelle, sur des parcelles entières, restaurées par les techniques qui auront montré les résultats les plus satisfaisants.
Les effets du projet à titre individuel et collectif
Impacts environnementaux
Restauration de la biodiversité floristique et faunistique de pelouses fortement dégradées, recréation d’un écosystème écologique fonctionnel en améliorant les interactions plantes-micro-organismes du sol-pollinisateurs lui assurant une meilleure résilience face aux aléas climatiques.

Impacts sociaux
Mobilisation citoyenne avec implication de bénévoles des différentes structures et services de l’Université, la sensibilisation et médiation scientifique ainsi que la valorisation et mise à l’honneur des vieilles prairies de fauches permanentes et diversifiées, sources de graines pour la restauration des milieux dégradés.

Impacts économiques
Meilleur production de fruits dans les jardins agroécologiques, le bien-être mental et physique des usagers, ainsi que l’attractivité du campus.
En savoir plus sur le projet 

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