Le collectif biomimétisme s’infuse dans le territoire
La fondation et le collectif biomimétisme, engagés pour une société durable fondée sur la nature, sont allés soutenir jeudi 1er octobre l'initiative portée par son partenaire biomanagement d'initier une rencontre autour de l'exposition « À l'écoute du vivant : Biomimétisme, entre arts et sciences », co-conçue par les Abattoirs et le Quai des Savoirs. Artistes, chercheurs, entrepreneurs et acteurs du territoire ont partagé leurs projets bio-inspirés et esquissé ensemble les contours d'une dynamique régionale.
Des liens qui se font et se fondent
Le Quai des Savoirs a monté une exposition aux Abattoirs : "À l’écoute du vivant : Biomimétisme, entre arts et sciences” du 03/04/2026 au 01/11/2026 avec la participation du Ceebios comme conseillers scientifiques, et l’implication de François Briant, chercheurs sur le biomimétisme et mentor du créathon porté par le collectif biomimétisme en 2025.
François Briant, Bertrand Monfort et David Macquart, partenaire du collectif Biomimétisme ont identifié un intérêt partagé avec les organisateurs de l’exposition, de faire du biomimétisme un véritable levier de transformation de nos territoires, en reliant les initiatives déjà engagées dans les domaines de la recherche, de l'enseignement supérieur, des collectivités territoriales, des entreprises et de la société civile.
Cette rencontre est l’occasion de prendre du recul et de partager ensemble des expériences, réussites et défis rencontrés sur le territoire toulousain et en Occitanie. Ce moment favorise les liens et synergies entre les personnes et organismes présents, tout en permettant de découvrir des approches innovantes et de croiser les regards sur les solutions nourries par les principes du vivant pour répondre aux défis actuels et imaginer des formes renouvelées de coopération et d’innovation territoriale.
Les objectifs de de cette rencontre
- Partager les progrès des projets bio-inspirés de chacun, identifier les convergences existantes et faire émerger de nouvelles collaborations potentielles.
- Construire une dynamique régionale : mettre en réseau les nombreuses initiatives déjà présentes en Occitanie, notamment à Toulouse. L'exposition deviendrait ainsi un espace de rencontre et de valorisation des projets existants, tout en donnant une visibilité régionale au développement du biomimétisme et des approches régénératives.
- Renforcer les liens entre recherche, entreprises et territoires : volonté de de rapprocher les chercheurs, les établissements d'enseignement supérieur, les collectivités et les entreprises. Les entreprises représentent un levier indispensable pour transformer les innovations bio-inspirées en réalisations concrètes et durables. Les expositions peuvent contribuer à créer cette rencontre, susciter des partenariats et favoriser l'émergence de nouveaux financements pour des projets de recherche, d'innovation ou de création artistique.
L’exposition « À l’écoute du vivant : Biomimétisme, entre arts et sciences”
Conçue par Le Quai des Savoirs et les Abattoirs, l'exposition "A l'écoute du vivant : Biomimétisme, entre arts et sciences" met en lumière, à Toulouse, le riche dialogue entre arts et sciences, ouvrant ainsi des perspectives inspirantes au service de la préservation du vivant et de la transformation de nos territoires et modes de vie.
À travers des œuvres, installations et expérimentations mêlant architecture, design, arts, sciences et biologie, l’exposition explore les capacités du monde vivant à s’adapter, coopérer et composer avec les contraintes de son environnement, autant d’enseignements pour repenser nos manières de construire, d’aménager et d’organiser nos cadres de vie.
Au cœur de l'exposition : trois artistes-chercheurs à l'écoute du vivant
La visite a été rythmée par la présentation de trois artistes et chercheurs dont les œuvres incarnent la démarche de l'exposition.
Jérémy Gobe - du fil de la dentelle au corail
Artiste engagé, Jérémy Gobe a fait le lien entre des savoir-faire en voie de disparition — la dentelle — et la disparition des espèces menacées, en particulier le corail. Artiste, chercheur et entrepreneur, il a développé un béton écologique à base de poudre d'huître, fruit d'un travail d'innovation pour restructurer les récifs coralliens. La collection de coraux donnée par Daniel Cordier a nourri une création réalisée à partir d'un spécimen de cette collection, associée à des techniques d'impression 3D. Son objectif : sensibiliser le public à la disparition du vivant.
Pierre-Jean Giloux - des plantes luminescentes pour éclairer la ville
Pierre-Jean Giloux travaille sur l'utilisation de plantes luminescentes pour transformer l'éclairage public. Son intérêt naît du dialogue avec les scientifiques : il parle d'un « choc des utopies », de la lutte entre le vivant, qui bouge, et la technologie, qui doit être linéaire. Son œuvre Chandigarh illustre cette tension féconde. Son propos s'articule autour de trois axes : le rêve de génération, l'utilisation du vivant pour un monde plus durable, et la question de savoir comment se nourrir mutuellement de manière symbiotique.
Paula Nishijima - collaborer avec le vivant
Designeure et chercheuse, Paula Nishijima explore comment collaborer avec le vivant, au sein d'un écosystème comme espace de travail. Sa recherche évolue de Plug-in City — la ville qui s'adapte en fonction des besoins — vers Plug-in Habitat : une manière d'habiter la ville par la coordination des éléments entre eux. Elle croise cette recherche avec le jardin botanique atlantique, où elle étudie des plantes qui évoluent selon les changements climatiques, et avec le labo biomimético : captation de données lumineuses, d'humidité, transcrites sous forme de sculptures en biomatériaux. Dans la question de la transmission au sein de ses réseaux, elle développe une réflexion plastique et sensible autour d'une hypothèse de « cyborg symbiotique » : les conditions de l'évolution et de la survie dépendent de la capacité à continuer d'exister. Ce qui importe dans les innovations, c'est leur capacité régénérative.
Le collectif à l'épreuve du terrain : des projets qui ferment la boucle
Autour de ces œuvres, les membres du collectif ont partagé l'état de leurs projets bio-inspirés. Trois filtres de lecture résument ces échanges :
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Construire avec le vivant : après 30 ans d'éco-construction avec Areso, Nicolas interroge l'après — sa maison biodégradable disparaît une fois que l'humain n'y vit plus. Jean-Baptiste travaille l'isolation thermique en mycélium (thèse née d'un workshop où il a touché la matière, encadrée par Jean-Emmanuel et Nathalie de l'Université de Toulouse). Pour Arnaud d'Ukronie, la fécondité vient du décloisonnement : les anciens portent l'expérience, les jeunes captent les changements.
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L'eau, grande absente des débats : Soline (Nature en Occitanie) plaide pour un aménagement réceptacle — matériaux filtrants, le matériau comme ressource et non comme déchet, contours d'arbres infiltrant les eaux de pluie, recréation de zones humides (Evo Paysage : remettre l'humain dans un système naturel). Vincent rappelle la thèse adossée au filtrOCampus qui vise à faire baisser les pathogènes en agriculture, à réduire les îlots de chaleur urbains (jusqu'à 5 degrés) et à récupérer les eaux de pluie : de la ville entonnoir à la ville éponge — une île éponge, ajoute François.
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L'humain, animal parmi les autres : Hélène interroge la motivation au travail des étudiants et la place des utopies chez les jeunes — une exposition comme celle-ci peut donner de l'espoir. Ses études en éthologie le rappellent : nous sommes avant tout des animaux, une question qui rejoint celle de la performance et de la robustesse dans la gestion des entreprises.
Fédérer les dynamiques : des projets concrets pour relier recherche et territoire
L'après-midi s'est achevée par une discussion ouverte sur les moyens de rendre les actions en cours plus visibles, et de structurer durablement le réseau. Les échanges ont fait émerger plusieurs pistes de coopération transversales destinées à fédérer les équipes de recherche de l'Université de Toulouse, les collectivités et le tissu associatif.
Gestion de l'eau et « villes éponges »
Création de passerelles directes entre la recherche universitaire, les associations (Nature en Occitanie) et des démonstrateurs de terrain comme filtrOCampus. L'objectif est de mobiliser les compétences scientifiques locales pour tester des solutions d'infiltration, de filtration naturelle et de rafraîchissement urbain par les services écosystémiques générés par le végétal.
Matériaux de construction biosourcés et éco-design
Rapprochement des laboratoires de recherche, des écoles d'art et des acteurs de l'éco-construction autour des matériaux bio-inspirés (notamment les structures à base de mycélium ou les techniques de pierres sèches). La structuration d'une filière locale, allant de la recherche fondamentale jusqu'à la démonstration à échelle réelle, pourrait en découler.
Programmation culturelle & Prospective
Synergies en vue de la future exposition « Empreinte Carbone » au Quai des Savoirs (pour aborder le rôle régénératif du vivant) et relance de la dynamique Biomim’Occ, en coopération avec les acteurs régionaux.
Le groupe biomimétisme a également partagé son actualité avec la venue d'Olivier Hamant le 31 mars 2027 après-midi à l'Université de Toulouse : un rendez-vous fort qui constitue une vitrine majeure pour la dynamique territoriale et les projets du réseau.
Financer et soutenir ces dynamiques : un levier décisif
La question du financement a traversé l'ensemble des échanges, comme une condition sine qua non du passage à l'échelle. Trois idées essentielles s'en dégagent :
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Prouver pour convaincre : l'impact des projets doit être mesurable et démontrable auprès des financiers. Les entreprises sont un levier indispensable — à condition que l'application bio-inspirée soit immédiatement intégrable.
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Passer à l'échelle : l'échelle écologique et technologique est maîtrisée, le défi est désormais social et économique (projet démonstrateur, réhabilitation des récifs coralliens)
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Structurer la dynamique : sans moyens ni support de communication, les initiatives restent à l'état d'émergence — un réseau de 500 personnes ne suffit pas. Il faut un « chef d'orchestre » qui fasse cohérence, comme l'architecture humaine financée par la CCI en Occitanie, et des soutiens publics : la « colocation heureuse » entre directions de la métropole, le labo des usages et transition, et le socle déjà constitué par la Fondation Catalyses (créathon, formations, sensibilisation depuis 2023).